★ Nos premiers instants vraiment ensemble ★

Il aura fallu attendre 4 jours après mon accouchement pour que j’aille enfin en maternité et que je sois réunie avec Misha.
Le brancardier m’a déposée dans ma chambre (une différente de celle de notre arrivée 5 jours plus tôt). Je suis seule à attendre que Juju et Misha me rejoignent. Ils sont encore en néonat. En attendant, je fais la connaissance de Cindy, une très très jeune aide-soignante de la maternité.

Arrivent enfin Juju, Misha et une auxiliaire du puériculture de néonat, chargés de toutes nos affaires. Je pleure, nous voilà enfin ensemble pour de bon. L’auxiliaire me donne des informations sur Misha, son dernier biberon mais je ne retiens rien, je regarde juste Misha, paisiblement endormie dans son berceau. Elle est belle, vraiment très belle, je n’en reviens toujours pas. C’est ma fille, elle est là, enfin, avec moi.
Mais c’est aussi dur puisque je prends conscience que je ne la connais pas. Je l’ai seulement vue 3-4 heures depuis sa naissance. Je ne connais rien de son rythme, de ses habitudes, de ses mimiques, de ses besoins, de sa manière d’être, de pleurer. J’ai l’impression d’avoir un Bébé inconnu face à moi. Juju me rassure et cela me rassure aussi puisqu’ils se connaissent.  Nous allons devoir tous trouver notre place. Pour Juju aussi ça change, il s’occupait seul de Misha, lui donner le biberon et maintenant, je vais l’allaiter et prendre aussi une place.
Freddy , qui a fait l’aller-retour depuis Baden où elle est en vacances avec Elise et tous les petits, arrive aussi à ce moment-là. Elle découvre sa petite fille. Elle n’est pas arrivée au moment le plus adapté et ne restera qu’un petit quart d’heure.

Cindy est repassée nous voir, avec une jeune stagiaire. Elles posent sur ma table, 6 petits biberons de lait en me disant « vous essayerez de la mettre au sein à 18heures au plus tard et si elle ne veut pas, vous lui donnerez un biberon ». Je ne réponds pas, mais ça ne va pas du tout. Elle me propose aussi du sirop pour Misha « si elle a des colliques ». On est à peine arrivée en maternité que j’ai déjà envie de partir. Je pleure à nouveau (et encore), je VEUX allaiter Misha, je ne veux pas « juste essayer ». Je me sens bien seule et plus soutenue du tout ( enfin, par Juju si).
Lorsque la sage-femme vient me rencontrer pour me rebrancher ma perfusion et me défaire la deuxième, je fonds à nouveau en larme. Je lui explique tout ce qui ne va pas. Elle a aussi les larmes aux yeux (je sens que ça la touche, elle a une petite fille de 9 mois qu’elle allaite encore). Elle me rassure, me dit que « les biberons ne servent à rien, on va les cacher pour ne plus que vous les voyiez (et elle les mets dans un placard). Quand Misha se réveillera vous m’appelerez pour qu’on essaye de la mettre au sein si vous avez besoin ». Je suis un peu rassurée et je sens que je peux compter sur elle. D’ailleurs, pendant tout mon séjour, elle sera très présente, soutenante et rassurante.
Elle m’explique aussi qu’il va falloir que je me mette debout, que je commence à marcher:  » Normalement, à J1 on se met debout et à J2 on prend sa douche ». Moi je suis à J4 et je ne tiens pas encore debout! Ce n’est pas facile, la cicatrice me tire énormément. Mon premier tour aux toilettes me demande beaucoup d’énergie et Juju finit par me soutenir pour que je retourne m’allonger puisque je ne me sens pas bien.

Puis on est tous les trois dans la chambre. Je ne sais pas quoi faire, je n’ose pas prendre Misha dans mes bras et d’ailleurs, je ne suis pas capable de la sortir seule de son berceau. Lorsqu’elle se met à pleurer, je pleure avec elle, je me rends compte que je ne connais même pas son pleur et je ne sais pas vraiment ce qu’elle a. A-t-elle faim? A-t-elle mal au ventre? A juste-elle besoin de pleurer et de s’exprimer? D’ailleurs, je me demande comment vit-elle tout ce qui se passe? Juju ainsi que l’équipe de néonat lui ont expliqué tout ce qu’il se passait et moi aussi lorsque l’on s’est vu…
Vient le moment où on essaye de la mettre au sein. Je la prends en peau à peau contre moi. La sage-femme m’a conseillée de la prendre au maximum en peau à peau pour moi, pour mon plaisir et mon besoin personnel mais aussi pour elle et pour stimuler l’allaitement. Nous sommes donc l’une contre l’autre, son corps chaud contre le mien. Elle finit par arriver à prendre mon sein et téter. Je suis heureuse, soulagée et émue de la voir ainsi. Ce moment, je l’attendais depuis longtemps sans trop y croire. Elle qui jusqu’à présent était nourrie au biberon (qui coulait tout seul et très vite), arrive à faire l’effort de téter. Je revois son petit corps nu avec sa peau plus foncée et rouge contrastant avec le mienne!

La première nuit, Juju est resté dormir avec nous. Jusqu’à présent, il restait dormir dans la chambre de Misha en néonat, s’occupant d’elle aussi la nuit quand elle en avait besoin. Cette première nuit, je me sentais bien incapable de m’occuper de Misha toute seule puisque je me levais péniblement seulement depuis quelques heures. Une première nuit pas vraiment évidente, Misha n’arrivait pas à bien prendre le sein, elle tétait à peine plus d’une minute. J’ai très peu dormi de la nuit, essayant de la remettre au sein régulièrement puisqu’elle réclamait. Juju ne s’est pas réveillé de la nuit… depuis que l’on est ensemble, il ne l’entend plus pleurer la nuit! Je ne l’ai pas réveillé non plus puisqu’il ne pouvait pas m’aider à allaiter. Cette nuit là, j’ai aussi changé pour la première fois sa couche. Comme je ne tenais pas longtemps debout, je l’avais déshabillé et rhabillé sur mon lit. Je me suis aussi retrouvée face à moi-même au moment du change: à son quatrième jour, je ne savais même pas comment elle était nettoyée jusqu’à présent: avec ou sans savon? avec lequel?… Je me suis débrouillée, mais je me suis rendue compte une nouvelle fois que je ne connaissais rien de ses habitudes.
Lorsqu’une aide-soignante est venue me voir vers 6 heures du matin, je me suis faite grondée de ne pas les avoir appeler pour m’aider à mettre MIsha au sein. De manière un peu brusque elle le fait, lui ouvrant grand la bouche, lui appuyant fort sur les joues pour qu’elle tête. Elle n’a pas vraiment l’habitude de devoir forcer pour avoir du lait. Elle repart et je me sens bien seule. Est-ce que ça vaut vraiment le coup que je continue l’allaitement? Y arrivera-t-elle? Puis vient la sage-femme, elle me rassure, me donne des astuces et m’aide plus doucement à mettre Misha au sein… et ça marche, elle téte bien! Ca me réconforte dans mon choix de l’allaitement et dans sa capacité à téter.

Premier matin en maternité, je suis fatiguée et je comprends mieux pourquoi on m’a dit qu’il fallait que je dorme dès que Misha dort. Il faut que je récupére pour assurer ensuite. Juju est toujours très présent pour Misha et pour moi. C’est principalement lui qui la change, ce qui m’évite de rester trop longtemps debout.
D’ailleurs, je suis censée prendre ma douche (pour rappel « à J2, après une césarienne les mamans doivent faire leur douche »… et moi je suis à J5 et debout seulement depuis l’après-midi de la veille). La chaise qui est dans ma douche est bien utile puisque j’ai du mal à tenir debout. A chaque fois que je suis dans la salle de bain, je laisse la porte entrouverte pour que Juju puisse venir si j’ai besoin. Et j’ai bien fait puisqu’au moment de me sécher, je ne me sens pas bien. J’appelle Juju et lui demande d’appeler quelqu’un parce que je sens que ça ne va pas aller mieux. Il arrive mais je ne vois et n’entends déjà plus rien. Au bout d’un moment, j’entends, très très au loin, des voix qui me disent qu’elles vont m’aider à aller sur mon lit. En effet, je me retrouve sur mon lit, mais j’ai énormément de mal à revenir à moi. Je pense que c’est une des premières fois que je mets autant de temps à revenir à moi. Je sens vaguement que l’on me prend la tension (qui était normal), j’ai du mal à ouvrir les yeux et je pleure (quand je perds connaissance, je perds souvent, sans comprendre d’où ça vient et sans maitriser, c’est assez bizarre). La sage-femme me dit de me reposer, j’ai fait un malaise vagal. Juju est autorisé à revenir dans la chambre. D’un côté, j’ai Misha qui dort dans son berceau et de l’autre Juju assis sur le fauteuil. Je suis épuisée et m’endors. Mais j’ai d’énormes sursauts régulièrement. Depuis la césarienne, je me sens pleine de tensions dès que je m’endors, c’est très désagréable. Ce malaise me montre que je suis encore assez faible, il faut que j’y aille encore doucement.

Nous commençons à avoir un peu de visites, mais nous les limitons beaucoup. Je préfére me reposer tranquillement, continuer à mettre en place l’allaitement et être tous les trois, se découvrir toutes les deux. La famille est aussi impatiente de venir rencontrer Misha.
Lorsqu’elle était en néonat, Misha avait le droit aux visites (durant deux heures). Mais par égoïsme, je ne préférais pas qu’elle en ait. Je n’avais pas envie que des personnes passent plus de temps que moi avec elle, qu’elles voyent défiler la famille alors que j’étais loin d’elle. C’était peut être bête mais comme nous n’étions pas encore réunies, j’avais ce positionnement, que Juju a d’ailleurs respecté sans problème (ainsi que la famille). Après coup, lorsque j’en ai parlé à la personne avec qui on a fait l’hapto, elle a dit que ce n’était pas égoîste mais approprié pour Misha qui avait besoin de stabilité et de repères ( par Juju, l’équipe qui s’en occupait aussi et moi). Au final, ce n’est peut être pas complètement de l’égoïsme mais un peu quand même je pense!

L’allaitement continue doucement à se mettre en place. Parfois Misha arrive très bien à téter, parfois elle a du mal, elle cherche mais n’y arrive pas. Je commence aussi à avoir des montées de lait un peu douloureuses. L’allaitement, ce n’est pas évident, je le savais bien mais là j’en prends vraiment conscience. Il faut s’accrocher et je pense que la motivation est vraiment importante! La motivation je l’ai, faut juste que je m’accroche!

Les nuits Misha dort plutôt bien. Tellement bien, que je la réveille pour lui donner le sein (pour qu’elle téte toutes les 4/5 heures). Lorsqu’elle était en néonat et nourrit au biberon, elle avait perdu du poids comme tous les bébés et elle avait recommencé à le prendre. Sauf qu’avec la mise en place de l’allaitement, elle a reperdu du poids à nouveau. En attendant qu’elle en reprenne, il faut que je continue de la réveiller. Mais je suis bien consciente d’avoir de la chance qu’elle dorme bien.
Dans la journée, je profite d’elle, d’être près d’elle. Les sages-femmes m’ont dit qu’il fallait que je profite que « ça n’en fera pas une enfant plus capricieuse ». J’aime la sentir contre moi, sur moi. Nous faisons des siestes ensembles, ça me fait du bien (y’a encore un petit côté égoïste puisqu’elle ne demande rien).

Nous avons droit à une visite très sympa… Marie-Françoise. Marie-Françoise, est pour moi, la personne qui m’amenait Misha lorsque nous étions séparées, c’est aussi la personne qui s’en occupait. Elle ne travaillait pas le jour où Misha et moi nous nous sommes retrouvés en maternité mais elle m’avait dit qu’elle passerait surement nous voir. C’est un moment très émouvant puisque nous avons beaucoup discuté. Elle nous a expliqué avoir apprécié « accompagner notre famille ». Nous avons eu la chance d’être dans une période où elle a pu se détacher facilement pour venir me voir avec Misha, en plus, le hasard du planning à fait que c’est toujours elle qui se détachait. Ca nous a permis de créer une relation sur la continuité. J’ai aimé avoir sa manière de voir les choses. Elle a trouvé Misha très faitiguée le premier jour, après sa naissance mais lorqu’elles étaient venue me voir, elle l’a trouvé attentive et m’a trouvée très présente aussi par rapport à ma césarienne/opération (et par rapport à d’autres mamans). Mais c’est surtout au deuxième jour qu’elle a trouvé Misha très éveillée, surtout lorsque l’on s’était vue. Elle nous a trouvé tous les trois très unis et présents. Lorsqu’on lui a parlé de notre parcours (hapto/blog et photos/projets naissance…), elle a compris notre implication. A chaque rencontre, elle prenait beaucoup de photos, avec mon téléphone pour que je puisse les avoir avec moi, avec mon appareil photo pour garder des souvenirs… Elle trouvait que cette étape était importante dans la vie de Misha et les photos permetteront de lui en parler et lui montrer où elle était et comment ça se passait. C’était un moment vraiment sympa et émouvant. Je crois que je n’arrive à tout redire ou partager tout ce qui s’est dit et tout ce qui s’est échangé à ce moment-là. Le fait d’en reparler avec elle me fait à nouveau pleurer. Marie-Françoise me propose de venir visiter le service néonat quand je le souhaiterais si j’en ai envie. Pendant toute sa visite, Misha dormait mais avait beaucoup de sourire dans son sommeil, c’était marrant!

Dans les visites, nous avons aussi l’obstétricienne qui m’a suivi pendant ma grossesse et qui m’a fait ma césarienne qui vient nous voir. Elle vient prendre de nos nouvelles et nous expliquer ce qui c’est passé pendant l’opération. Le fibrome était donc bien plus gros que ce que l’on avait vu aux échographies. Il avait un pédoncule à l’avant ce qui a permis de le retirer et sans conséquences à priori sur des nouvelles grossesses permettant aussi un accouchement par voie basse. Je crois que c’est le seul côté positif de cette histoire. Le suivi post-grossesse sera aussi plus simple du coup.

Les jours passent, je vais mieux mais je pleure encore beaucoup. Principalement si on me demande si ça va, oui je vais bien mais cette question me fait pleurer donc je perds toute crédibilité de dire que « ça va » en pleurant. En même temps, tout le monde est gentil et me rassure en me disant que c’est normale et important de pleurer après tout ce que l’on a vécu.
Juju est toujours très présent (il a posé deux jours en plus pour ne pas retourner travailler en fin de semaine) pour Misha et moi. Et j’en ai besoin, il me rassure puisqu’il peut prendre le relais si je fatigue trop (au milieu du bain/à la fin d’un change…). Le soir il rentre se reposer et dormir à la maison et le matin je l’attends pour faire le bain de Misha mais aussi pour me laver (mon malaise m’ayant fait un peu peur!).

Dimanche, on me demande quand est-ce que je souhaite sortir. On en parle régulièrement avec Juju, j’en ai marre du CHU ( bien qu’ils soient tous gentils et m’accompagnent bien), j’ai envie que l’on rentre tous les trois chez nous et en même temps, je crois que j’ai un peu peur. L’allaitement se mettant tout juste en place (et commence déjà à être douloureux), Misha n’a pas encore repris un peu de poids et je suis encore très fatiguée et faible (je pense aussi à nos trois étages sans ascenceur). On me dit que je peux prendre mon temps, y réfléchir (eux sont plutôt partant pour mardi).
Lundi matin, c’est décidé, nous avons passé une bonne nuit et j’ai envie de sortir. Je préviens la sage-femme (qui n’était pas au courant et qui pensait que je sortais mardi), l’interne doit passer me voir. Mais avant, je dois faire ma prise de sang et Misha aussi et surtout, nous devons attendre les résultats. L’attente est longue, très longue… On me parle de mettre un traitement pour la thyroïde, mais je ne comprends pas puisque jusqu’à présent, ce problème avait été exclu?!

Je demande à l’interne de me réexpliquer tout ce qui m’a été fait et ce que j’ai eu puisque j’ai énormément de mal à comprendre. Il nous refait un tour rapide de ce que j’ai eu, ponctué de « d’accord » à chaque fin de phrase et nous expliquant que mon hypercalcémie pourrait quand même venir de la thyroïde. On doit attendre les résultats de la prise de sang. Pour Misha, son taux de calcium de sa dernière prise de sang était toujours en normal haut, on doit aussi attendre pour savoir ce que l’on fait et une nouvelle prise de sang et programmée pour la semaine suivante et en attendant, une « poche pipi » lui ai posé.
Nous attendons encore et encore. C’est l’occasion pour moi d’aller visiter le service de néonat. C’est la première sortie de ma chambre. Nous arpentons les couloirs jusqu’au service. Pour y rentrer, il faut sonner et attendre que l’on nous ouvre. On passe d’abord par l’unité kangourou et on arrive en néonat où Marie-Françoise nous « reçoit ». Les couloirs sont agrémentés de stickers Moulin Roty (Juju m’avait déjà montré des photos), tandis que ceux de la maternité sont de Ségo de Série-Golo. L’unité est très calme. Il y a plusieurs chambre (6 je crois) qui peuvent accueillir un ou deux enfants. La chambre de Misha acceuille une nouvelle petite fille. Ca me fait bizarre de me retrouver là, Misha y a séjourné 4 jours. Juju a passé beaucoup de temps à ses côtés pour ne pas qu’elle soit seule. Une autre personne de l’équipe vient nous voir, c’était elle qui était venue chercher Misha après la césarienne, elle trouve qu’elle a déjà beaucoup changé. J’ai le droit à toute l’explication du fonctionnement du service néonat, je croise aussi une maman en blouse qui va donner le biberon à son enfant. Quand Juju était en néonat, il devait mettre une blouse à chaque fois qu’il faisait un « soin » à Misha ou qu’il lui donnait le biberon (dans ce service, il n’y a pas que des enfants en « hébergement » comme l’était Misha).
Je finis par accélérer la conversation et à partir un petit peu rapidement… je commence à me sentir mal. Nous sortons et je m’assois sur la première chaise venue. Je crois que cette première sortie était un peu trop longue pour moi, je ne tiens toujours pas longtemps debout (sans bouger), comme quand j’étais enceinte. Je fatigue vite et me trouve à la limite du malaise.

De retour dans la chambre, nous attendons toujours les résultats des prises de sang. Les miens arrivent, mon taux de calcium est bon, donc pas de traitement (et je dois continuer mes prises de sang pour le surveiller pendant un mois). Pour ceux de Misha, on attend d’avoir l’avis du pédiatre et du médecin pour savoir si on doit lui donner ou non la vitamine D (son taux de calcium étant normal haut). Et à 16 heure, nous avons enfin l’autorisation de sortir!!

Je sors de la maternité… cela faisait 8 jours que je n’étais pas sortie. Le magnifique soleil me pique les yeux, Misha aussi a du mal avec autant de luminosité. Le voyage en voiture « remue » beaucoup et me stresse un peu. Ce n’est pas agréable du tout sur mon ventre et ma cicatrice.
Et nous voilà, tous les trois à franchir la porte de chez nous, une nouvelle vie commence, celle que nous avions tant attendue!
Je pleure, beaucoup, tout le temps. Je suis contente, heureuse mais je ne peux m’empêcher de pleurer depuis une semaine. Les hormones surement? Une des sage-femme m’avait donné les cordonnées des psy du CHU, j’y pense souvent… Pourquoi je pleure autant? J’en suis rendue à me demander si je ne fais pas un baby blues ou une super dépression post partum…??! mais je n’ai pas l’impression que c’est ça non plus. Juju me rassure, est à mes côtés et est patient. Au fond de moi je me dis qu’il faudrait peut être que j’aille voir un des psy. Je me laisse une semaine pour remonter un peu niveau moral avant d’en contacter un. Par moment, j’ai l’impression que ça va mieux et d’un coup je fonds en larmes.
Au final, les jours passent, je pleure de moins en moins. On peut même dire que je ne pleure plus (sauf quand je raconte tout ce qui c’est passé, ou que je parle de la néonat et de notre séparation). Je vais donc mieux, et tant mieux!

Je souhaite revenir un instant sur l’allaitement. Pendant les 4 jours où j’ai été séparée de Misha, je me suis raccrochée aux moments passés ensemble et à l’allaitement. Avant d’accoucher, j’avais prévu d’allaiter, ça me tenait à coeur. Je trouve que l’allaitement et ce qu’il y a de plus adapter aux besoins des enfants et de naturel. Seulement, mon accouchement et les jours ont suivis ne se sont pas du tout passés comme prévu, me séparant de Misha dès sa naissance. Je n’ai pas pour autant abandonné mon envie d’allaiter. Avec du recul, je peux même dire que cette séparation a augmenté mon envie d’allaiter. Je crois que c’était pour moi une façon de me raccrocher à Misha, à mon rôle de mère alors que j’étais loin d’elle. L’allaitement était devenue LA façon de créer un vrai lien avec elle et de prendre la place que je n’avais pas pu prendre dès le début. Il fallait donc à tout prix que ça marche, en tout cas, à ce moment là je le pensais. Je crois que j’ai eu beaucoup de chance que ça marche parce que mettre en place un allaitement 4 jours après la naissance, ce n’est pas gagné d’avance.

La vie à trois s’organise doucement et très bien. Il faut dire que Misha est pour le moment « facile à vivre » comme je le dis souvent. On en profite, je me repose, je fais des siestes avec elle. Les nuits se passent bien. Au début, je continue de réveiller Misha pour la faire téter. Et en fin de semaine la sage-femme vient pour la peser mais aussi pour me conseiller pour l’allaitement (et pour mes crevasses). Misha prend bien du poids, sa courbe va très bien. Je décide donc d’arrêter de la réveiller la nuit et d’attendre qu’elle se réveille quand elle en a besoin. Au final, elle ne téte qu’une fois la nuit (une fois entre 20h/22h, une fois entre 2h/4h puis le matin vers 7/8h environ), cela me permet de bien me reposer. C’est ce que j’appréhendais le plus: gérer le manque de sommeil, mais le rythme de Misha me permet de bien me reposer, c’est vraiment agréable.
Nous avons, la première semaine, limité les visites pour que je puisse encore me reposer. Je sors peu et pas longtemps. Je me rends compte (en discutant avec mon père), que je n’ai pas seulement eu une césarienne, j’ai eu « une opération » qui a duré plus de deux heures. Cela me permet de me rendre compte que c’est peut être normal que je sois encore faible et fatiguée, ce n’était pas anodin! De plus, je suis en anémie ( j’ai un traitement qui m’a été donné par le CHU), c’est aussi fatiguant. J’ai de la chance puisque Juju (en congé paternité/vacances…) est présent et participe au quotidien.

Aujourd’hui, je vais bien mieux. Ma cicatrice et mon ventre ne me font plus mal, je peux bouger sans problème (mais sans forcer ou faire du sport pour autant). Nous sortons, nous promenons et profitons des derniers moments de vacances de Juju. Misha va bien, elle dort toujours bien la nuit. Ces périodes d’éveil sont de plus en plus nombreuses mais surtout plus longues. Lorsque l’on sort, on se rend compte qu’elle nous suit beaucoup du regard (face à des inconnus mais aussi face à la famille!). Nous avons trouvé notre rythme, tous les trois, en famille!!
Je ne regrette pas du tout d’avoir accouché au CHU, je pense que ça m’a permis d’être vraiment bien prise en charge et rapidement. Toutes les équipes ont toujours été très agréables, gentilles et présentes pour Misha et moi. Bon, y’a bien eu Cindy… (qui d’ailleurs, n’ai jamais revenu dans ma chambre après cette épisode, bizarre, surtout que les professionnelles s’occupaient toujours des mêmes chambres 😉 !)!! J’ai même rencontré des personnes vraiment sympa (cette infirmière de médecine interne avec sa petite fleur à sa poche, l’aide-soignante qui m’a proposée une vraie douche(brancard), une autre avec l’aide-soignante de réa, une sage-femme) à qui je repense souvent.
Bon, j’avoue, la nourriture n’était pas terrible (mais je suis aussi difficile)! On avait quand même le choix de nos repas (ils venaient nous voir avec stylet et petit ordi pour prendre nos commandes). L’avantage, c’est que je suis ressortie en ayant perdu tous mes kilos de grossesse (mes 13 kilos envolés, m’amenant à un poids inférieur à mon début de grossesse comme j’ en avais perdu 5 au début), bon, mon ventre est toujours là, flagada!
Je suis amenée à retourner au CHU pour la dernière prise de sang de Misha, pour mon suivi post-césarienne, et mon scanner la semaine prochaine.
Je garde quand même un bon souvenir de ce séjour, malgrè tout ce qui s’est passé, malgrè tous mes pleurs, parce que c’est aussi la naissance de ma fille et parce que les équipes ont rendu ce séjour très humain et agréable.

♥♥♥

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26 réflexions sur “★ Nos premiers instants vraiment ensemble ★

  1. C’est vraiment vraiment émouvant!! j’en ai les larmes aux yeux comme le precedent message! on perçoit bien ce que tu as vécu. Et je trouve que as pris une tres bonne initiative de demander d’attendre pour l’avoir avant que tu prennes le tps de passer des moments avec elle. C’est touchant de te lire. De cette manière on sait ce que tu as vecu. C bien écrit, c top. Tu es honnêtes et tu oses nous parler de tes craintes, de tes questions… Chapeau bas!! j’ai hâte de vous voir, de te voir. Plein de courage. Gros gros bisous à vous 3.

    • Merci Mélina pour ce gentil commentaire qui me fait chaud au coeur! Ce message, tout comme le premier, je l’ai écris en plusieurs fois (avec mes mouchoirs à côté) en essayant d’être au plus près de ce qui c’est passé et de ce que j’ai vécu.
      Par moment, (surtout quand je tirais mon lait et que j’étais loin de Misha), je pensais à toi, Rachel et votre maman à votre naissance…

      J’espère te/vous (collègues EJE) revoir bientôt et te présenter Misha!

  2. J’ai fais des fautes. Je voulais dire : c bien que tu es pris le temps du passer des moments avec elle avant que ta famille ne la voit.

  3. Quel témoignage émouvant!!! J’en ai les larmes aux yeux (bon j’avoue je pleurniche en fait). J’arrive pas a imaginer la souffrance d’être séparé de son bout de chou dès la naissance!!! Profite bien maintenant les mauvais moments sont derrière vous!!!

    • Oh lala, je crois que mes deux messages auront ému beaucuop de gens! Et les commentaires que j’ai en retour me font aussi très plaisir!
      Merci…

  4. Mettre les mots sur des faits et sentiments comme tu l’as fait ici releve de beaucoup de courage, d’honnêteté et comme pour beaucoup, ça me met les larmes aux yeux. Je ne vous connais pas, je suis tombée ici par hasard, au détour de la photo de l’article en cherchant des idées photo pour une naissance dans ma famille, et me voila complètement transportée par cette histoire, si joliment racontée, au coeur des émotions !

    Merci pour ce partage <3, vraiment !

    • J’avais vraiment besoin de mettre ces mots, besoin de poser par écrit ce qui c’était passé pour pouvoir passer à autre chose. J’ai mis du temps à réussir à le faire et voilà, aujourd’hui, c’est chose faite.
      Merci beaucoup pour ce commentaire!

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  15. Ton billet est très émouvant. J’ai aussi été séparée de mon bébé à la naissance. Il a dû partir en néonat et y rester plusieurs jours. J’essaye de ne garder que le beau de sa naissance mais cette séparation a été si difficile. J’ai été soutenue aussi pour la mise en place de l’allaitement et j’ai pu aller le voir et le prendre dans mes bras après l’accouchement mais les 6 heures qu’il a fallu attendre m’ont semblé une éternité et nous avons été vraiment réunis à l’hôpital qu’au bout de 5 jours. Mon petit a 13 mois, ça me semble si loin et si proche en même temps. Bonne fin de grossesse.

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