Le grand chamboulement

Pour certains, avoir un premier enfant est un vrai chamboulement dans leur vie. Cela perturbe l’équilibre du couple et découvrir son nouveau rôle de parents peut parfois être désarmant.
Pour nous, l’arrivée de Misha a été assez simple et naturel. Nous avons eu des moments de fatigue, des moments de questionnement mais dans l’ensemble nous avons assez facilement trouvé nos places.

Un peu plus de deux ans après la naissance de Misha, Manolo est né. Pour remettre dans le contexte, nous venions d’emménager à 800km de notre ancienne ville (et de notre famille et amis, mis à part mes parents qui sont eux aussi venus s’installer dans le sud), Juju prenait un nouveau travail avec bien plus de responsabilité et Manolo est né 3 semaines après notre emménagement. Misha n’allait plus à la crèche (sur Nantes, nous avions prévu qu’elle continue de retrouver ses copains 3 jours par semaine) et était avec moi toute la journée.

La naissance de Manolo a été merveilleuse! Le retour à la maison c’est très bien passé bien que Juju soit retourné travailler 3 jours après sa naissance. Misha était douce et attentionnée avec Manolo. L’allaitement c’est mis naturellement et avec simplicité en route sans problème.

Mais très vite Manolo est un petit garçon qui a demandé beaucoup d’attention. Il n’était pas bien et ne voulait pas être posé. Il avait besoin de contact, d’être porté et d’être en position vertical. Comme pour Misha, il souffrait de RGO (mais bien moins fort que Misha, ce qui était déjà une bonne chose pour lui!). Les nuits étaient donc très hachurées avec parfois plus de deux heures pour réussir à l’apaiser et le rendormir. Les soirées n’étaient que pleurs. Lorsqu’il tétait il s’apaisait mais dès que le lait arrivait il se tordait et hurlait à nouveau (foutu REF qui n’aidait pas non plus).

C’est ça qui a été dur… Voir Manolo souffrir, pleurer beaucoup, tout le temps… et se sentir impuissant.

Puis très vite, vers ses 3 semaines, il a commencé à avoir de l’eczéma sur le visage. Ca le démangeait, il se grattait sur nous. Je ne pouvais pas le tenir dans mes bras contre moi sans qu’il ne se frotte frénétiquement le visage contre moi. Manolo a donc porté des moufles jusqu’à ses 6 mois (moment où il arrivait à se les retirer) pour éviter qu’il ne se griffe. Au moins, les moufles toutes douces Moulin Roty ont vraiment été utilisées! Il les portait jour et nuit. Dès qu’il était plus calme, je lui retirais pour qu’il puisse découvrir ses mains (la motricité libre en a pris un coup …) mais c’était rare et parfois je ne pouvais pas lui retirer de la journée.
Je ne pouvais pas le poser parce qu’il pleurait, s’énervait et se grattait. En fait, il se grattait tout le temps et pleurait dès qu’il n’était pas porté/contenu. La seule solution et celle qui nous a sauvé a été le portage physio. Manolo était porté en écharpe du matin… au soir tard. Il n’y a qu’en écharpe qu’il dormait, il n’y a qu’en écharpe qu’il ne pleurait pas -trop-, il n’y a qu’en écharpe qu’il s’apaisait. Notre boba wrap et notre basic ont été utilisé tous les jours, tout le temps.
C’était dur pour moi de ne pas être capable d’apaiser mon fils dans mes bras. Je ne pouvais pas le porter contre moi sinon il se grattait. J’arrivais parfois à l’apaiser en le portant allongé sur mon bras, la tête regardant le sol et encore ce n’était pas facile.
Manolo a donc passé ses 6 premiers mois en écharpe, contre moi principalement (Juju rentrant tard et travaillant beaucoup). C’est là qu’il était bien pour dormir, en position verticale, c’est là qu’il ne se grattait pas (ou juste au moment de s’endormir), c’est là qu’il s’apaisait…

Le soir, je devais le garder jusqu’à plus de 22h (souvent 23 heures) contre moi parce que si je le couchais trop tôt, il se remettait à pleurer et était encore plus dur à apaiser.

Cela m’a beaucoup fatiguée. C’est dur et ça fait beaucoup de peine de voir son si petit bébé si mal. L’ostéopathe, l’homéopathe et le microkiné n’ont pas réussi à l’apaiser pour de bon. Je ne pouvais pas le poser sans qu’il hurle sans arriver à se calmer.

Ce qui a été magique, c’est la rencontre avec le magnétiseur. Il a pu lui faire des soins qui l’ont complétement apaisé. Son eczéma est parti petit à petit (en trois semaines c’était fini) mais c’est surtout son comportement qui a changé. Pour moi, je l’ai vécu un peu comme une renaissance. Manolo s’est apaisé. Il a recommencé à sourire, à accepter d’être posé, à découvrir son corps… A être un petit garçon « normal » de son âge. A 6 mois et demi, j’ai pu commencer seulement de le poser. Il a découvert en très peu de temps comment se retourner, se déplacer en roulant puis en rampant… Tout a été très vite du moment où il a été mieux.
Cependant, Manolo reste un petit garçon qui demande toujours beaucoup d’attention. Il a encore besoin d’être dans les bras et près d’un adulte. Il n’aime pas le changement, le mouvement des personnes… Mais il accepte d’être posé et de jouer (l’adulte doit rester près de lui quand même).Il continue de s’énerver et pleurer quand ça ne va pas ou quand ça ne lui convient pas. Mais c’est mieux!
Les nuits sont toujours hachées, les siestes souvent compliquées mais petit à petit, ça va mieux!

misha et manolo au quotidien (28)

Ca n’a pas non plus été évident pour Misha. Les pleurs, la fatigue jouent beaucoup sur ma patiente et donc sur ma capacité à être et rester bienveillante! Et puis, cette année, elle a fait 5 pyélonéphrites qui l’ont elle aussi beaucoup fatiguée et affaiblie. Elle a toujours du mal à s’en remettre et à récupérer toute son énergie. Durant ses périodes où elle n’est pas bien, elle est très irritable, à fleur de peau, dort mal, pleure et chouine beaucoup. Elle est mal, tout simplement. Et ce n’est pas non plus facile de voir son enfant souffrir et subir ses infections en étant impuissante. Il y a eu des périodes très tendues où on n’arrivait plus à être calme, l’une et l’autre… Et cela a été régulier. Ces infections et passages où elle en « couve » une sont tellement réguliers (en ce moment encore (édit depuis l’écriture de cet article, la pyélonéphrite a fini par « sortir » et elle en est donc fait une nouvelle)). Dans ces moments là, elle ne s’exprime que par des cris, des pleurs…

Pour nous, le grand chamboulement est venu avec l’arrivé d’un deuxième enfant. Notre petit loulou étant un petit garçon qui demande beaucoup d’attention. Les pleurs, les cris, le besoin d’attention, la fatigue cumulée et accumulée ont souvent eu un effet assez néfaste sur ma patience et ma bienveillance. Petit à petit cela commence à aller mieux. Manolo a l’air de mieux dormir la nuit et a même fait ses premières nuits sans qu’il n’ait besoin que j’aille le voir.
Je comprends mieux ce « grand chamboulement » que certaines de mes amies m’avaient évoquée pour l’arrivée de leur premier enfant. Certains disent que lorsque l’on a un premier enfant, l’arrivée du deuxième ne change pas grand chose… j’ai envie de conclure que ça dépend des enfants, ça dépend des familles, ça dépend… Non en fait, il n’y a pas de règle mis à part l’idée que l’arrivée d’un enfant reste un changement dans la structure familiale que l’on arrive plus ou moins bien à gérer!

♥♥♥
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9 réflexions sur “Le grand chamboulement

  1. bel article encore une fois 🙂

    mon Romeo est comme manolo mise à part que c’est le permier. je rêve d’ici quelques années d’aggrandir notre famille mais j’ai « peur » d’avoir un second bébé avec des besoins de contact intenses et de devoir gérer mon Romeo toujours aussi sensible (besoin de moi, vite chamboulé par les changements, les siestes ultra compliquées qui ne se font que dans son lit (ni en portgae, ni en poussette, ni à bras, ni contre moi…)

    comme tu dis tous les enfants sont différents, et toutes les familles le sont aussi. mais quoiqu’il arrive on essaie d’être heureux 🙂

  2. Ce que je retiens moi de tout ça, c’est que t’es vachement forte. Tu le sais, je regarde tout ça de très loin, avec beaucoup de recul, mais je te « vois » te poser des questions, te remettre en cause, toujours essayer de faire le mieux que tu peux et avancer face aux complications. Celle-ci sont inhérentes à la vie tout court, à la vie de parents surement encore plus.
    Je suis super fière de toi, quoi que ça puisse valoir 🙂

    Bisous à vous 4

  3. Si j’aime tant suivre tes aventures ici ou ailleurs sur les réseaux, depuis longtemps, c’est justement parce que nos histoires sont similaires et que je me retrouve dans les situations (parfois difficiles) que tu vis avec tes deux crapules.

    J’ai une fille aînée (2 ans et demi) qui a toujours été un bébé absolument exemplaire (si j’puis dire). Elle a fait ses nuits avant d’avoir deux mois, des vraies nuits complètes de 21h à 8h du matin, ce qui est rare et incroyable pour un si petit bébé. Elle a souffert d’un léger RGO les premières semaines, mais rien d’autre. Elle acceptait d’être posée régulièrement, et sur de longues périodes, dans la journée. Très vite elle a adoré se retrouver seule sur son tapis d’éveil, à jouer… et cette indépendance dans le jeu dure encore aujourd’hui. Nous avons bien entendu traversé des moments difficiles avec elle, notamment après la naissance de son petit frère, mais si on se concentre seulement sur le stade de « bébé », non, elle a été d’une facilité déconcertante pour les jeunes parents que nous étions.

    Mon fils (18 mois) est né prématuré, et a eu des premiers instants de vie éprouvants, pour lui, comme pour nous. Comme Manolo, il a eu besoin qu’on le porte toute la journée, pendant plus de six mois. Même si c’était pour des raisons différentes (ici prématurité, séparation à la naissance, angoisses). Il pleurait énormément, était toujours terriblement anxieux et tendu. Il passait des heures entières, dans le porte-bébé ou l’écharpe, accroché à mes seins, sans téter, mais simplement avec le mamelon dans la bouche pour se rassurer, les yeux grands ouverts (comme aux aguets). Impossible aussi de le faire dormir ailleurs que dans notre lit, tout contre moi, jusqu’à ses six mois. Cette proximité continue était le prix à payer pour avoir le droit à quelques moments de calme, et pouvoir nous occuper correctement de notre fille (qui n’était pas bien vieille non plus). Depuis, il va beaucoup mieux, comme Manolo il y a eu une amélioration nette et subite, vers six mois.

    Je comprends donc tout à fait ce que tu décris dans ton billet, et j’approuve. On n’est pas préparé à se prendre une telle claque, avec un deuxième, je crois. Aujourd’hui, avec le papa, on se dit qu’après ce qu’on a vécu avec notre lardon, le troisième ce sera les doigts dans le nez ! Ahah.

  4. Oh ! Comme j’aime lire tes articles et comme je me retrouve dans certains de tes ressentis ! Tu m’aides même à mettre des mots sur certaines des choses que je vis sans forcément prendre assez de recul pour en prendre réellement conscience.
    Nos vies de famille ont pas mal de points communs même si évidemment il y a aussi plein de choses différentes (et heureusement, car si tout le monde vivait la même chose, la vie perdrait de son charme).
    Ici aussi, à l’arrivée du premier notre vie n’a pas été chamboulée. Certains jours ont été plus dur mais dans l’ensemble tout le monde a trouvé sa place naturellement.
    Par contre, la naissance du deuxième 2 ans plus tard a tout chamboulé. Pas forcément pour les mêmes raisons, il a aussi fallut 6 mois avant de pouvoir le poser et à partir de là il a évolué extrêmement vite. Mais notre tout petit est encore très demandeur d’attention et d’énergie, à 9,5 mois il a encore besoin qu’on soit près de lui pour s’endormir et « ne fait pas encore ses nuits ».
    Et toute cette énergie que nous demande notre deuxième c’est beaucoup de fatigue. Et la fatigue n’est pas très copine avec la patience dont nous aurions tant besoin pour nous occuper de nos deux petits gars de moins de 3 ans. Moi aussi je m’énerve plus vite que je ne le voudrais parfois et n’arrive pas toujours à être bienveillante.

  5. Comme ton article me parle… Ici aussi le plus grand chamboulement a été la naissance du deuxième enfant, ici aussi j’ai porté en écharpe du matin au soir les 6 premiers mois (RGO sévère pour mes deux enfants), ici aussi j’ai un bébé qui demande beaucoup d’attention, de présence, qui pleure beaucoup encore à 14 mois, qui dort de façon imprévisible et anarchique… Ici aussi à la naissance de ma deuxième fille j’ai vécu un grand chamboulement, perdu beaucoup de ma patience et ma bienveillance, ça a été très dur pour ma grande, pour mon couple, pour mon mari, pour moi… Beaucoup de mes amies ont vécu la même chose et te lire me rassure… Je vais moi aussi aller voir un magnétiseur car je sens mon bébé très tendue, jamais sereine, et je crois que ça nous ferait du bien à toutes les deux.

  6. Pingback: Avec du recul et beaucoup d’amour | Tiny la souris

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